Chasse au sanglier en Sologne : battue, affût et règles à connaître avant de partir

La chasse au sanglier en Sologne se pratique surtout en battue l’hiver et à l’affût aux beaux jours, sur des domaines ouverts ou clos du Cher, du Loir-et-Cher et du Loiret. Avant de réserver une action ou une journée, mieux vaut comprendre les modes de chasse, le déroulé type, les budgets réels et les nouvelles règles sur les clôtures qui redessinent les territoires solognots.

Pourquoi la Sologne reste un territoire de référence pour le sanglier

La Sologne occupe le cœur du Centre-Val de Loire et se classe parmi les plus grands massifs forestiers du pays. Ses bois, ses étangs et ses sous-bois denses offrent au sanglier un abri et une nourriture abondante. Cette mosaïque de milieux explique la réputation du secteur auprès des chasseurs de grand gibier.

Un paysage taillé pour le grand gibier

Le domaine des Rousseaux, à Sainte-Montaine (Cher), couvre plus de 300 hectares peuplés d’animaux exclusivement sauvages. Les sangliers de ces landes humides montrent une vraie aptitude à la ruse et à la défense, ce qui donne des battues exigeantes. Le chevreuil, la biche et le cerf partagent les mêmes enceintes.

  • Étangs et zones humides qui retiennent les compagnies
  • Sous-bois épais où les animaux se remisent le jour
  • Cultures et lisières qui attirent les sangliers la nuit
  • Grandes propriétés d’un seul tenant, souvent de 130 à 400 hectares

Une destination proche de Paris

Le domaine de la Briganderie, à Nouan-le-Fuzelier (Loir-et-Cher), se situe à 1 h 30 de Paris et à 45 minutes d’Orléans par l’A10 ou l’A6. Ses territoires ouverts du Loiret figurent en zone classée « point noir », c’est-à-dire à forte pression de dégâts de gibier. La Briganderie déclare plus de 120 animaux prélevés sur la saison précédente.

DomaineDépartementSurface annoncée
Les RousseauxCherplus de 300 ha
La Briganderie (forêt ouverte)Loir-et-Cher / Loiret200 à 400 ha
La Briganderie (parc)Loir-et-Cherplus de 240 ha
Action de Sainte-MontaineCher130 à 200 ha

Pour cibler le bon territoire, la démarche reste simple :

  1. repérer le département et le temps de trajet depuis chez soi ;
  2. vérifier si la chasse a lieu en forêt ouverte ou en enclos ;
  3. demander le tableau de la saison précédente ;
  4. contrôler le plan de chasse attribué au territoire.

Selon les organisateurs de la Briganderie, la Sologne doit d’abord sa réputation au nombre d’animaux qu’elle met à la portée des chasseurs.

Battue ou affût : deux manières de chasser le sanglier solognot

Les domaines solognots proposent deux pratiques très différentes. La battue mobilise un collectif et se déroule surtout en automne et en hiver. L’affût repose sur la patience d’un chasseur seul, posté le soir à la belle saison. Le choix dépend du tempérament de chacun et de la période visée.

La battue, un exercice collectif

En battue, les traqueurs et leurs chiens poussent les animaux vers une ligne de chasseurs postés. Le son des trompes rythme la journée aux Rousseaux, où deux ou trois battues s’enchaînent. À Sainte-Montaine, une douzaine de postés tirent leurs places au sort avant deux battues menées en continu jusqu’à 14 h.

  • Traqueurs et chiens courants pour lever les animaux
  • Postés placés sur une ligne fixe, souvent sur miradors
  • Chef de ligne qui annonce le début et la fin de chaque traque

L’affût du soir, un face-à-face silencieux

L’« Instant chasse » de l’Organisation Chasse Pêche installe chaque chasseur dans un mirador polonais couvert et étanche, le soir uniquement. L’offre impose un minimum de deux chasseurs et court du 1er juin au 30 septembre ; la Briganderie la prolonge jusqu’au 25 octobre. Aucune limite de poids ni de sexe ne s’applique au sanglier prélevé.

CritèreBattueAffût
Périodeautomne et hiver1er juin au 30 septembre (ou 25 octobre)
Momentjournéesoirée
Participants5 à 20 chasseurs2 chasseurs minimum
Posteligne de miradors ou postes au solmirador polonais couvert

Pour réussir un affût, quelques réflexes comptent :

  1. arriver avant la tombée du jour et s’installer sans bruit ;
  2. surveiller le sens du vent par rapport aux coulées ;
  3. attendre que l’animal se présente de travers avant de tirer.

L’Organisation Chasse Pêche insiste sur un point : à l’affût, le chasseur repart avec toute la venaison mais assume lui-même l’enlèvement et la préparation de l’animal.

Comment se déroule une journée de battue, de l’accueil au tableau

Une journée de battue en Sologne suit un rituel précis. Les horaires varient d’un domaine à l’autre, mais la trame reste la même : accueil, contrôle des papiers, consignes, traques successives, puis présentation du tableau. Connaître ce déroulé évite les mauvaises surprises le jour J.

Les papiers à présenter dès l’arrivée

Le domaine des Rousseaux exige un permis de chasser validé avec la cotisation grand gibier et une attestation d’assurance. Hunting Passion vérifie ces permis dès 8 h 30, avant le petit déjeuner. Sans ces documents, l’organisateur refuse l’accès au poste.

  • Permis de chasser et validation de l’année en cours
  • Cotisation grand gibier acquittée
  • Attestation d’assurance responsabilité civile chasse
  • Arme adaptée : la carabine est imposée sur certaines actions

L’horaire type d’une journée en territoire clos

Sur le territoire clos de 150 hectares décrit par Hunting Passion, la chasse démarre à 9 h 30 et s’arrête à 15 h 30. Les chasseurs se déplacent en 4×4 ou en quad entre les enceintes et tirent depuis des miradors. La distribution du gibier clôt la journée à 18 h.

HeureÉtape
8 h 30Rendez-vous et vérification des permis
9 h 00Petit déjeuner et consignes de sécurité
9 h 30Début des battues successives
15 h 30Fin de la chasse
15 h 45Présentation du tableau
16 h 00Repas
18 h 00Distribution du gibier

Aux Rousseaux, la journée s’organise ainsi :

  1. petit déjeuner traditionnel ;
  2. formalités et rappel des règles de sécurité ;
  3. deux ou trois battues ;
  4. recherche des animaux blessés et ramassage ;
  5. tableau, remise des bourriches et déjeuner de clôture.

Pour le domaine de la Briganderie, l’éthique, la sécurité et la convivialité forment le socle de toute journée de chasse réussie.

Action, journée ou séjour : quel budget prévoir ?

Les tarifs de chasse au sanglier en Sologne couvrent un large éventail. Un affût du soir coûte quelques centaines d’euros à peine, alors qu’une battue de groupe en enclos dépasse plusieurs milliers d’euros. Le prix dépend du mode de chasse, du territoire et du nombre d’animaux inscrits au plan.

Les formules individuelles

La Briganderie facture 250 € la journée en forêt ouverte pour la saison 2026-2027 et 330 € la journée Saint-Hubert en parc de 240 hectares. L’affût du soir revient à 130 € TTC par chasseur. À Sainte-Montaine, une action annuelle coûte 764 € pour cinq journées, du 11 octobre 2026 au 14 février 2027.

FormulePrixContenu annoncé
Affût du soir130 €1 poste, 1 soirée, venaison
Journée forêt ouverte250 €sangliers, chevreuils, cervidés
Journée Saint-Hubert en parc330 €plus de 10 animaux pour 20 chasseurs
Journée « La Royale » (Briganderie)580 €15 animaux au plan, 15 chasseurs
Action annuelle764 €5 journées, environ 15 sangliers par an
Séjour 2 jours990 à 1 490 €chasse et hébergement

Les forfaits de groupe en enclos

Hunting Passion vend « La Solognote » 6 500 € pour 12 sangliers et « La Royale » 15 000 € pour 20 sangliers, avec 5 à 15 chasseurs. Ces forfaits incluent les repas, les taxes d’abattage, les rabatteurs avec chiens et les bourriches.

  • Bague de prélèvement à l’affût : 30 € par animal
  • Location de carabine avec munitions : 30 €
  • Nuitée en option : 70 € par personne

Avant de payer, trois vérifications s’imposent :

  1. lister ce qui est inclus et ce qui reste en supplément ;
  2. demander si la venaison revient au chasseur ;
  3. comparer le prix au nombre d’animaux réellement inscrits au plan.

D’après l’annonce de Sainte-Montaine publiée sur Tuchassou, une petite équipe soudée qui chasse ensemble depuis des années offre une ambiance qu’aucun forfait haut de gamme ne remplace.

Forêt ouverte ou enclos : ce que change la loi sur l’engrillagement

Peu d’offres commerciales l’évoquent, pourtant la question des clôtures pèse lourd sur l’avenir de la chasse solognote. Les grillages de chasse privée découpent le massif et gênent la circulation des animaux sauvages. Le législateur a fixé des règles strictes qui obligent de nombreux propriétaires à revoir leurs enceintes avant 2027.

Les normes fixées par la loi de 2023

La loi n° 2023-54 du 2 février 2023 limite l’engrillagement des espaces naturels. Elle plafonne les clôtures à 1,20 mètre de haut et impose un passage libre de 30 centimètres au ras du sol. Les clôtures posées depuis 1992 doivent se conformer avant le 1er janvier 2027, sous peine d’amendes jusqu’à 150 000 euros.

ExigenceValeur
Hauteur maximale de clôture1,20 m
Passage au sol30 cm minimum
Clôtures concernéesinstallées depuis 1992
Échéance de mise aux normes1er janvier 2027
Amende maximale150 000 €

Ce que cela signifie pour le chasseur

Une partie des territoires clos va s’ouvrir ou se transformer. Les animaux retrouveront leurs corridors écologiques, et la densité garantie de certains parcs risque de baisser.

Le point de vue des propriétaires

Les propriétaires citent le coût et la complexité des travaux, et réclament un accompagnement de l’État. Le ministre Mathieu Lefèvre a installé fin 2025 un comité de pilotage qui privilégie le dialogue.

  • Privilégier la forêt ouverte et les animaux 100 % sauvages
  • Demander si l’enclos respecte déjà les nouvelles normes
  • Se méfier des « tableaux garantis » dans des parcs fermés

Pour choisir un territoire en accord avec la loi :

  1. demander la hauteur et le type de clôture ;
  2. vérifier l’existence d’un passage pour la petite faune ;
  3. préférer les domaines qui annoncent des animaux exclusivement sauvages.

Le député du Cher François Cormier-Bouligeon rappelle que l’échéance du 1er janvier 2027 arrive vite et invite propriétaires et chasseurs à coopérer sans tarder.

La chasse au sanglier en Sologne face à son avenir

La chasse au sanglier en Sologne garde de solides atouts : une forte densité d’animaux, des domaines proches de Paris et des formules pour tous les budgets, de l’affût à 130 € à la battue de groupe en enclos. Le chasseur avisé compare le mode de chasse, le contenu réel des offres et le statut du territoire. Avec la mise aux normes des clôtures attendue en 2027, la forêt ouverte et le gibier sauvage devraient reprendre la place centrale. Reste à savoir comment les domaines clos adapteront leurs offres.

Retour en haut