grands cervidés en forêt

En forêt, la présence des grands cervidés se fait de plus en plus visible, bouleversant l’équilibre naturel des écosystèmes. Avec des populations de cerfs, biches, chevreuils, daims et parfois d’élans en forte augmentation, la capacité de régénération des habitats forestiers est mise à rude épreuve. En particulier, la forêt de Chaux dans le Jura a récemment fait les gros titres en raison d’une observation exceptionnelle : une harde de près de 300 cervidés à la lisière du massif. Ce rassemblement inédit soulève des questions sur la durabilité de la gestion de ces espaces et sur l’impact de ces herbivores sur la faune sauvage et la végétation. L’équilibre entre le brame des cerfs et l’aménagement des forêts devient plus complexe, alors que la chasse doit concilier régulation et protection.

L’expansion des populations de grands cervidés est souvent liée à l’absence de prédateurs naturels et à la multiplication des terrains favorables, notamment grâce à la diversification des forêts et à l’abandon de certaines pratiques agricoles. Le cerf, grand consommateur de jeunes pousses, pèse ainsi lourdement sur la régénération des feuillus comme le chêne. Plusieurs acteurs environnementaux, forestiers et cynégétiques, s’interrogent désormais sur les meilleures stratégies à adopter pour garantir la pérennité de ces territoires.

Les grands cervidés et leur rôle dans l’habitat forestier

Les grands cervidés sont des éléments clés de la faune forestière. Cerfs, biches, chevreuils, daims et élans participent au dynamisme des milieux boisés mais ils exercent aussi une pression considérable sur la végétation. La consommation excessive des jeunes arbres, et notamment des chênes, compromet la capacité des forêts à se renouveler naturellement. Cette problématique est observée notamment en forêt de Chaux, où un plan de chasse accru a été instauré pour limiter l’impact des populations croissantes, mais les résultats restent mitigés.

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Pression sur la végétation et enjeux forestiers

La surpopulation de cervidés génère des dégâts visibles : écorçage, piétinement et surpâturage. Ces phénomènes rendent plus difficiles la régénération des forêts, principalement les essences de feuillus essentielles à la biodiversité. Les jeunes pousses de chênes sont souvent protégées par des grillages, comme l’illustre l’exemple de la forêt de Chaux. Cependant, cette protection manuelle ne peut être déployée partout, d’où la nécessité d’une gestion adaptée des populations animales.

Un déséquilibre accentué par l’absence de prédateurs naturels

Sans prédateurs comme le loup, présents autrefois sur une large partie du territoire, les grands cervidés ne sont plus soumis à une régulation naturelle. Cela a facilité leur prolifération, notamment dans les massifs tels que la forêt de Chaux. Les deux loups abattus en 2025 dans le Jura illustrent la persistance des conflits entre protection des troupeaux domestiques et maintien des prédateurs sauvages.

Cette réalité renforce l’importance d’une approche équilibrée, conciliant la régulation des populations de cervidés et la conservation des habitats, en s’appuyant sur des pratiques forestières durables adaptées à l’impact des grands herbivores.

Plan de chasse et gestion durable

En forêt de Chaux, le plan de chasse 2025-2026 prévoit l’abattage de près de 600 cervidés, 15 % de plus que la saison précédente, pour freiner la croissance des populations. Toutefois, des voix critiques, telles que celle du président de la fédération des chasseurs du Jura, soulignent que la densité pourrait avoir baissé, suggérant une complexité dans le suivi et le contrôle des cervidés. Le débat entre gestion stricte et respect de la faune sauvage reste ouvert.

Observation et suivi nocturne des cervidés

Le suivi des populations s’appuie souvent sur des observations nocturnes, comme c’est le cas dans l’Oise avec l’Office National des Forêts, permettant d’évaluer avec précision les effectifs et l’efficacité des actions menées contre la surpopulation. Ces méthodes contribuent à affiner les stratégies en fonction des évolutions constatées sur le terrain.

Quelles espèces et comportements ?

La diversité des cervidés est notable : le cerf et la biche dominent les grandes forêts, le chevreuil règne souvent dans les milieux plus ouverts, tandis que le daim rappelle que certaines espèces apprécient des habitats mixtes. L’élan, beaucoup plus rare, est lui aussi un grand consommateur de végétation forestière. Le brame, moment clé de la reproduction, se manifeste par des appels caractéristiques qui rythment la saison, influençant aussi la dynamique des populations.

Facteurs influençant la présence des grands cervidés

Plusieurs paramètres contribuent à expliquer l’abondance de ces animaux :

  • La progression des surfaces forestières après des décennies d’extension des boisements en France.
  • L’absence de prédateurs naturels, favorisant une croissance démographique rapide.
  • Les cultures et zones agricoles attractives en lisière de forêt attirant les herbivores.
  • Les actions humaines telles que la chasse, qui influent localement mais ne parviennent pas toujours à freiner l’expansion.
Espèce Habitat Impact principal sur la forêt Population estimée (exemple Jura)
Cerf Forêts denses de feuillus Consommation de jeunes pousses, écorçage Plusieurs centaines, forte fluctuation
Biche Forêts mixtes, lisières Impact similaire au cerf, alimentation variée Population en augmentation
Chevreuil Milieux ouverts et boisés Dégâts sur cultures en bordure Population stable à locale
Daim Zones boisées et clairières Moins impactant mais en expansion Population moindre
Élan Forêts profondes et humides Consommation importante de feuillage Rare, localisé

Ces informations correspondent au cadre général constaté en 2025-2026 et permettent de mieux appréhender la dynamique complexe de ces populations.

Liens utiles pour approfondir la connaissance des grands cervidés et de la forêt

Pour mieux comprendre les interactions entre grands herbivores et milieux forestiers, ainsi que les enjeux liés à leur gestion, plusieurs ressources sont disponibles :

Pourquoi y a-t-il une surpopulation de grands cervidés en forêt ?

L’absence de prédateurs naturels, l’augmentation des surfaces forestières et la proximité d’habitats attractifs favorisent la croissance rapide des populations de grands cervidés.

Quels impacts les grands cervidés ont-ils sur la forêt ?

Ils consomment les jeunes pousses, écorcent parfois les arbres, ce qui ralentit la régénération forestière et fragilise l’écosystème.

Comment se régule la population de cervidés ?

Principalement par des plans de chasse adaptés, le suivi des populations et, à terme, par le retour éventuel de prédateurs naturels.

Quelles espèces de cervidés sont les plus présentes dans les forêts françaises ?

Le cerf et le chevreuil sont majoritaires, suivis dans certaines zones par la biche et le daim. L’élan est très rare dans le pays.

Comment observer les cervidés en milieu naturel ?

Le meilleur moment est la période du brame, tôt le matin ou en soirée, souvent via des sorties encadrées ou des observations nocturnes avec l’ONF.

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