Éolien dans la forêt des bois communaux de vesaigne-sous-lafauche : enjeux et perspectives

En bref :

  • Le projet éolien des Vents Communaux prévoit l’installation de six éoliennes dans la forêt des bois communaux de Vesaignes-sous-Lafauche et Prez-sous-Lafauche, un site public avec un potentiel éolien moyen de 6,4 m/s.
  • Une forte opposition des autorités environnementales souligne des impacts majeurs sur la biodiversité, la faune notamment les chauves-souris et oiseaux sensibles tels que le Milan royal et la Cigogne noire.
  • Les enjeux paysagers sont aussi significatifs, avec une saturation visuelle accrue et un effet d’écrasement perceptible depuis les villages alentours.
  • Malgré les mesures d’évitement, réduction et compensation proposées, les risques liés à la localisation en forêt persistant, l’instruction du dossier a été rejetée en 2025.
  • Ce débat met en lumière la difficulté de concilier transition énergétique et préservation des milieux forestiers à haute valeur écologique dans le cadre d’un développement durable.

Un souffle nouveau sur les bois communaux de Vesaignes-sous-Lafauche ? Saviez-vous que le vent moyen sur le site des bois communaux de Vesaignes-sous-Lafauche atteint 6,4 mètres par seconde, offrant un potentiel non négligeable pour la production d’énergies renouvelables ? Le projet des Vents Communaux, soutenu par les élus locaux, ambitionne de doter ce territoire de six imposantes éoliennes afin d’alimenter environ 12 000 foyers. C’est un rêve municipal inscrit au cœur d’un grand dossier réglementaire et environnemental qui cristallise les enjeux contemporains entre production d’énergie, gestion forestière et respect de la biodiversité. Pourtant, ce projet ne fait pas l’unanimité.

Exploration des enjeux environnementaux liés à l’éolien en forêt communale de Vesaigne-sous-Lafauche

La forêt communale ici n’est pas une terre vierge, mais un écosystème riche en biodiversité, hébergeant espèces protégées et habitats sensibles. L’installation envisagée engage un défrichement qui, bien que limité à 0,5 % de la surface forestière, soulève la vigilance de l’Office national des forêts (ONF) et des experts environnementaux. Ces derniers pointent l’impact non négligeable sur le Milan royal, la Cigogne noire et plusieurs espèces de chauves-souris dont la Pipistrelle et la Sérotine communes, particulièrement vulnérables au risque de collision avec les pales.

L’avis de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) est clair : il faut rechercher des alternatives moins dommageables, notamment en milieu non forestier, pour rendre le projet conforme au développement durable. Or, la forêt de Vesaignes-sous-Lafauche se situe hors des zones favorables au regard de la récente cartographie de 2023, ce qui fragilise considérablement la recevabilité de l’implantation. L’argument selon lequel la zone n’entrave pas les couloirs de migration principaux des oiseaux est tempéré par la présence d’un couloir secondaire important notamment pour la Pipistrelle de Nathusius ou la Noctule commune.

Cette ambiance de cohabitation difficile illustre parfaitement les défis posés par l’expansion de l’éolien dans les zones boisées où même des mesures rigoureuses comme le bridage des pales ou le suivi écologique ne suppriment pas totalement les effets négatifs.

Une gestion des bois communaux mise à l’épreuve entre énergie renouvelable et préservation écologique

Les bois communaux de Vesaignes-sous-Lafauche, exploités par l’ONF, jouent un rôle clé pour le territoire, tant pour la ressource bois que pour la protection contre le changement climatique. Ils stockent du carbone, favorisent l’infiltration des eaux de pluie et limitent les risques d’érosion tout en contribuant à une climatisation locale naturelle par évapotranspiration. L’installation d’éoliennes est supposée offrir des retombées financières non négligeables – avoisinant 75 000 € annuels pour les deux communes – participant ainsi à des projets de replantation et de renouvellement sylvicole.

Mais ce profit économique soulève la question : à quel prix pour l’intégrité écologique d’un massif forestier ? Le chantier d’implantation menace les corridors écologiques et accentue la vulnérabilité de la forêt face aux sécheresses et maladies amplifiées par le dérèglement climatique. L’ONF a exprimé son désaccord avec le dossier faute d’informations précises sur la nature et l’étendue des défrichements, ainsi que sur les véritables compensations prévues aux Fonds Stratégiques de la Forêt et du Bois.

Perspectives paysagères et impact visuel : au cœur des villages de Vesaignes et alentours

Le paysage entoure et modèle la vie locale, particulièrement dans des villages où le clocher de l’église est un repère historique et visuel fondamental. Les photomontages réalisés lors des études montrent que certaines éoliennes, en particulier la plus proche du village, entrent en conflit visuel avec ce symbole patrimonial, affectant l’identité du cadre de vie.

Plus loin, depuis Les Leurville ou Chambroncourt, l’implantation s’inscrit dans une logique de saturation visuelle où l’éolien devient prégnant, réduisant les espaces de respiration. La MRAe déconseille d’aggraver cette saturation, regrette la non-considération des angles d’occupation et des perspectives, et invite le porteur de projet à revoir ses plans pour limiter cet impact, notamment en évitant un effet d’écrasement sur les villages.

Critère Situation actuelle Impact du projet Recommandation MRAe
Biodiversité (espèces protégées) Présence de Milan royal, Cigogne noire, chauves-souris sensibles Risques élevés de collision et dérangement Rechercher des sites hors forêt, éviter défrichement
Paysage (saturation visuelle) Village de Vesaignes-sous-Lafauche avec clocher dominant Effet d’écrasement, réduction de la respiration visuelle Modérer l’emprise visuelle pour préserver le cadre
Défrichement Forêt communale avec 0,5% de surface concernée Perte d’habitats critique pour la faune locale Plus de transparence, mesures compensatoires exigées
Acceptabilité économique Revenus estimés à 75 000 € annuels pour communes Conflit potentiel avec la protection écologique Equilibre à trouver entre économie et durabilité

Ces données sont issues d’une analyse rigoureuse portée par le groupe ERG et les autorités réglementaires pour assurer un dialogue entre exigences techniques, écologiques et sociales.

Le contexte législatif et l’état des lieux éolien dans la région

Le projet intervient dans un territoire déjà largement aménagé, avec à proximité plus d’une centaine d’éoliennes construites ou autorisées dans un périmètre de 20 kilomètres. Cette densité croissante interroge sur les effets cumulés sur l’environnement et le paysage, un point soulevé par l’Avis de la MRAe qui regrette notamment le manque de suivis environnementaux probants des installations voisines.

Par ailleurs, la législation environnementale impose un éloignement minimal de 200 mètres des lisières boisées pour protéger les habitats des chauves-souris, recommandation relayée dans le document Eurobats du PNUE. Pourtant, les six éoliennes du projet seraient toutes implantées en zone forestière, sans respect de cette distance. La régulation et les procédures d’autorisation environnementale illustrent donc la complexité de concilier développement durable et transition énergétique dans ce contexte.

https://www.youtube.com/watch?v=c65fkZg_DOA

Pour approfondir ces thématiques, le projet est largement documenté dans plusieurs sources complémentaires. Le site Techniforêt offre une analyse complète du lien entre la transition énergétique et la gestion durable de la forêt des bois communaux dans la région. On y découvre aussi les interactions avec la faune locale, notamment une étude détaillée sur le Milvus migrans ou Milan noir, un rapace souvent confondu mais bien distinct du Milan royal considéré dans le dossier. Enfin, le parc éolien des Vents Communaux y est présenté dans toutes ses dimensions, depuis les études jusqu’aux débats autour de sa faisabilité et acceptabilité.

Pourquoi implanter des éoliennes dans une forêt communale ?

L’implantation dans les bois communaux vise à utiliser des terrains publics avec un fort potentiel éolien, permettant d’alimenter en énergie renouvelable la population locale tout en générant des revenus pour financer la gestion durable des forêts.

Quels sont les principaux enjeux environnementaux du projet ?

Le projet présente des risques pour la biodiversité, notamment pour des espèces protégées telles que le Milan royal, la Cigogne noire et plusieurs chauves-souris, ainsi qu’un impact notable sur le paysage et le milieu forestier par son implantation et le défrichement nécessaire.

Pourquoi le site de Vesaignes-sous-Lafauche est-il contesté ?

Selon la Mission régionale d’autorité environnementale, le site est en dehors des zones favorables pour l’éolien en forêt selon la cartographie 2023, et son implantation ne respecte pas plusieurs préconisations environnementales et paysagères, ce qui met en cause la recevabilité du projet.

Quelles alternatives sont suggérées pour concilier énergie et nature ?

L’Avis recommande d’examiner des sites alternatifs en milieu non forestier et de mieux prendre en compte les données environnementales afin de garantir un moindre impact écologique et une meilleure acceptabilité sociale.

Le projet permet-il une compensation économique pour les communes ?

Oui, les retombées financières estimées à environ 75 000 € par an constituent un soutien pour les communes dans leurs actions de développement local, mais ces gains doivent être mis en balance avec les enjeux écologiques et paysagers.

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